Concept général

Shinken Entreprise permet d'effectuer des remplacements dynamiques de contenu dans les objets de configuration. Ces remplacements sont utilisés pour permettre une factorisation de la configuration, ainsi que pour fournir une grande flexibilité dans la création et modification d'une configuration de supervision.



Un exemple pour illustration :

On dispose d'une commande qui se charge de contacter un hôte pour déterminer si il est joignable ou non.

On veut donc que la commande récupère automatiquement l'adresse de l'hôte sans avoir à spécifier manuellement l'adresse pour chaque hôte.

Pour résoudre ce problème, on effectue un remplacement de contenu. Dans Shinken Entreprise, on peut utiliser la notation $HOSTADDRESS$ qui va contenir l'adresse de l'hôte courant.

Ainsi, en utilisant cette notation dans notre commande, lorsque la commande sera utilisée lors de la vérification d'un hôte, l'adresse de l'hôte sera automatiquement remplacée dans la commande.

check_ping -H "$HOSTADDRESS$" (...autres paramètres)


check_ping -H "192.168.1.12" (...autres paramètres)




 Les différents types de contenu

Dans l'exemple précédent, la notation entre dollars ($) est utilisée pour permettre le remplacement dynamique d'une donnée locale à l'hôte dans une commande.

Il s'agit seulement d'un exemple des différents types de contenu existants. Ces contenus peuvent être séparées en 3 grandes catégories:

  • Les données locales
  • Les données globales
  • Les contenus spécifiques, permettant un transfert de données

Les données locales

Les données locales désignent les données personnalisées et les propriétés d'un objet particulier.

Accès aux propriétés d'un élément

Parmi tous les éléments de Shinken Entreprise, il est possible d'accéder aux attributs des hôtes, des checks et des utilisateurs.

Dans le premier exemple, la notation entre dollars permet d'accéder à un propriété de l'hôte, par exemple l'adresse: $HOSTADDRESS$. 

On accède ici à la propriété "address" de l'objet HOST. On peut accéder aux autres attributs de l'hôte, mais aussi à ceux d'un check ou d'un utilisateur.



Il est donc possible d'accéder aux propriétés des hôtes, des checks ou bien des utilisateurs. Pour cela, il faut commencer le nom de la macro par HOST, SERVICE (pour les checks) ou CONTACT (pour les utilisateurs).

Par exemple:

  • $HOSTADDRESS$
  • $SERVICEDISPLAYNAME$
  • $CONTACTEMAIL$

Le schéma ci-dessus explique le cas du remplacement des données locales pour les checks et les hôtes.

Dans le cas des utilisateurs, plusieurs utilisateurs peuvent être accrochés sur un hôte ou un check. Ils sont utilisés pour envoyer les notifications lorsque l'hôte ou le check passe dans un état d'erreur.

Dans ce cas, une notification est envoyée à chaque utilisateur. La commande utilisée pour envoyer la notification peut alors utiliser un remplacement dynamique de contenu pour accéder aux informations de l'utilisateur qui va recevoir la notification.


Accès aux données personnalisées d'un élément

Shinken Entreprise permet d'ajouter des données personnalisées sur certains éléments, comme les hôtes, les checks, les utilisateurs, et bien sur les modèles d'hôtes, de checks et d'utilisateurs. Ces données permettent des créer des propriétés personnalisées lorsque les propriétés par défaut de l'objet ne suffisent pas à le décrire complètement.


Par exemple, si un hôte possède 2 interfaces réseau, les propriétés par défaut de l'objet ne permettent pas de spécifier 2 adresses. Par contre, il est possible d'ajouter une donnée personnalisée qu'on appelle par exemple "ADDRESS_2" qui pourra être utilisée lorsqu'on aura besoin d'avoir la deuxième adresse de l'hôte dans un check.

Ces données sont accessibles dans un objet en utilisant la notation suivante:

  • $_HOSTNOMDELADONNEPERSONNALISEE$.
  • $_SERVICENOMDELADONNEPERSONNALISEE$
  • $_CONTACTNOMDELADONNEPERSONNALISEE$


On remarque la présence d'un underscore (_) avant HOST, SERVICE ou CONTACT, ce qui permet de différencier l'accès à une propriété de l'élément et l'accès à une donnée personnalisée.




Les globales

Il est possible en effectuant un remplacement de contenu d'accéder aux données locales à un hôte, un check ou un utilisateur. Il est aussi possible dans Shinken Entreprise de définir des globales accessibles partout dans Shinken et qui ne dépendent pas d'un élément particulier.

Ces globales se définissent dans des fichiers de configuration, dont le détail sera expliqué dans la section qui traite l'utilisation pratique des remplacements dynamiques de contenu. Elles sont accessibles simplement par leur nom, sans avoir besoin de le préfixer de _HOST, _SERVICE ou _CONTACT.

Par exemple, une globale nommée MAGLOBALE sera accessible avec la notation $MAGLOBALE$.



Opérateurs

Nous avons vu que lorsque l'on remplace dynamiquement du contenu, il est possible de faire référence aux données locales ainsi qu'aux globales. Il existe également des opérateurs spéciaux, qui ne récupèrent pas les globales et les données locales d'un élément mais qui permettent de transférer des données, notamment des arguments de commande.

Ces opérateurs spéciaux sont accessibles avec les notations $ARGn$ et $VALUEn$.

Référence aux arguments d'un commande

Shinken Entreprise permet aux hôtes et aux checks de spécifier des commandes qui seront utilisées pour la vérification de l'élément. Dans l'optique de rendre ces commandes les plus génériques possible, et de permettre de factoriser la configuration, des arguments peuvent être passés à ces commandes.

Ces arguments sont séparés par des points d'exclamation (!).


Dans l'exemple, un check utilise la commande "ma_commande" et lui passe 3 arguments.



Dans la commande, on veut donc pouvoir récupérer la valeur des ces arguments pour pouvoir les utiliser dans le script.

Les notations $ARGn$ sont donc utilisées dans ce cas. La notation $ARGn$ permet simplement d'accéder à la valeur du n-ième argument.


Dans l'exemple, on utilise donc $ARG1$, $ARG2$ et $ARG3$ pour récupérer les valeurs du premier, deuxième et troisième argument.






Comme dans Nagios, il est possible d'utiliser jusqu'a 32 arguments.

Ainsi, les notations $ARG1$ à $ARG32$ sont utilisables.


Cas du Duplicate Foreach

La fonctionnalité avancée Dupliquer pour chaque valeur de la Donnée de l'hôte permet d'appliquer plusieurs fois le même check sur un hôte avec des paramètres différents, selon la valeur d'une donnée personnalisée sur l'hôte.


Sur chaque check utilisant la fonctionnalité Duplicate Foreach est affecté une clé, et optionnellement des paramètres.

check1$(valeur1)$$(valeur2)$$(valeur3)$

La valeur de la clé est accessible avec la notation $KEY$, et les arguments sont accessible grâce aux notations $VALUEn$.

Le tableau suivant récapitule les notations permettant d’accéder aux valeurs de la donnée Duplicate Foreach:

MacroValeur
$KEY$check1
$VALUE1$valeur1
$VALUE2$valeur2
$VALUE3$valeur3





Il possible d'utiliser 16 valeurs différentes. Ainsi, les notations $VALUE1$ jusqu’à $VALUE16$ sont valides.


Utilisation pratique des remplacements dynamiques de données

Les données locales

Définir des données personnalisées

Les données locales peuvent être définies sur les hôtes, checks, utilisateurs et leurs modèles respectifs de 2 manières:

  • Par fichier de configuration
  • Par l'interface de configuration


Dans un fichier de configuration, les données sont définies en préfixant un _ à leur nom. Le nom d'une donnée peut contenir seulement des caractères alphanumériques(A-Z0-9), des tirets (-) ou underscore (_). Aussi, le nom d'une donnée sera toujours en majuscules.

define host {
    host_name    mon_hote
    address		 192.168.0.12


    _DONNEE_PERSONNALISEE      valeur_de_la_donnée
}


Dans l'interface de configuration, l'ajout et la modification de données personnalisées s'effectue grâce à l'onglet "Données".

Cette capture d'écran montre l'édition de données personnalisées dans le cas d'un hôte. Les mêmes manipulations sur les données personnalisées sont possibles pour les modèles d'hôtes, checks, modèles de check, utilisateurs et modèles d'utilisateurs.

Dans un fichier de configuration, une donnée personnalisée est définie précédée d'un underscore (_).

Dans l'interface de configuration, cet underscore ne doit pas être spécifié car il s'agit seulement d'un moyen dans les fichiers de différencier une donnée personnalisée d'une propriété. La déclaration d'une donnée personnalisée depuis l'interface se fait seulement en spécifiant le nom de la donnée et sa valeur.


Utiliser des données locales

Lorsqu'on veut accéder à des données locales, il faut différencier l'utilisation de la notation entre dollars ($) donnant accès aux données personnalisées et celles permettant l'accès à certains attributs de l'élément.



MacroFonction
$HOSTPROPRIETE$Accède une propriété de l'hôte
$SERVICEPROPRIETE$Accède à une propriété du check
$CONTACTPROPRIETE$Accède à une propriété de l'utilisateur


TODO: Référence vers la liste des macros qui existent



MacroFonction
$_HOSTDONNEE$Accède à la donnée personnalisée "DONNEE" de l'hôte
$_SERVICEDONNEE$Accède à la donnée personnalisée "DONNEE" du check
$_CONTACTDONNEE$Accède à la donnée personnalisée "DONNEE" de l'utilisateur



Les globales

Définir des données globales

Les données globales peuvent être définies uniquement par fichiers de configuration.

Par défaut, un certain de nombre de globales sont définies dans le dossier /etc/shinken/resource.d, dans lequel sont présents tous les fichiers qui déclarent des globales. Au démarrage de Shinken, ces fichiers sont donc chargés et les globales qui y sont définies sont alors disponibles.

La syntaxe pour la déclaration des globales est la suivante:

# Commentaire: les lignes commencant par # seront ignorées
# Les noms de globales doivent être entourés de $


$NOMDELAGLOBALE$=valeur

Comme pour les données locales, les noms de globales ne peuvent contenir que des caractères alphanumériques(A-Z0-9), des tirets (-) et des underscore (_). Comme pour les données locales, le nom d'une globale sera toujours en majuscules.

Pour permettre à l'utilisateur de faire ses propres packs et faciliter l'import d'une configuration externe, il est possible de déclarer des globales dans une source. Pour cela, il faut placer les fichiers .cfg dans un dossier source_data de la source.

Les fichiers de déclaration de globales seront donc copiés dans /etc/shinken/resource.d/ et disponibles comme les autres globales.

Qu'est ce qu'il se passe si jamais une donnée globale a un nom réservé ??? Ex $DATE$ → La donnée est surchargée
Si 2 globales de meme nom sont définies, laquelle est prise ? Quelle logique au niveau de la définition lorsque plusieurs globales de meme nom sont définies.

Utiliser des données globales

Les globales sont accessibles en spécifiant seulement le nom de la globale entourée par des dollars ($).

La global "MAGLOBALE" est donc accessible par la notation $MAGLOBALE$.


Parce que les globales sont définies dans les fichiers de configuration, un ajout ou modification d'une globale dans ces fichiers nécessite un redémarrage de Shinken Entreprise pour que les modifications soient prises en compte.


Remarques sur la notation entre dollars ($)

Quelle que soit l'utilisation d'une valeur entre dollars, cette valeur doit toujours être en majuscule. Si à l'import des fichiers CFG ou lors de la modification sur l'interface de configuration, une valeur entre dollars comporte des minuscules, celles-ci seront converties en majuscules et un avertissement sera affiché.

Différentes possibilités d'utilisation pour la notation entre dollars ($)

Référence vers la doc Shinken readthedocs








A partir d'ici: Ancienne version, gardée en attendant de terminer la rédaction

A quoi servent les macros ?

L'une des caractéristiques qui rend Shinken Enterprise flexible, c'est sa capacité à utiliser des données dans la définition des Commandes. Ces données permettent de référencer des informations provenant des hôtes, des services, ou d'autres sources dans les commandes.

Remplacement de données 

Avant d'exécuter une commande, Shinken Enterprise va remplacer toutes les données trouvées dans la définition de la commande avec leur valeurs correspondantes. Ce remplacement s'opère pour toute commande que Shinken Enterprise exécute : vérification d'hôte et de check, notification, exécution d'événements, etc .

Ce remplacement est récursif. Si une macro contient à son tour une macro, cette seconde macro sera résolue. Ce processus continue jusqu'à ce que la commande ne contienne plus de macro.

L'utilisation littérale du caractère '$' nécessitera l'utilisation de '$$'. C'est également le cas dans les règles de Clusters, qui peuvent aussi contenir des macros.


Le nom d'une donnée peut contenir uniquement des caractères alphanumériques (a-zA-Z0-9).


Exemple 1 : Adresse générique

Lorsque vous utilisez un hôte ou un service dans les données de définitions de commande , ils se réfèrent à des valeurs pour l'hôte ou le service pour lequel la commande est en cours d'exécution

Prenons un exemple. Imaginons que nous utilisons une définition de l'hôte "Linuxbox" qui est vérifié par une commande check_ping, qui est définie comme suit.

 

/var/lib/Shinken Enterprise/libexec/check_ping -H $HOSTADDRESS$ -w 100.0,90% -c 200.0,60%

 

Linuxbox a pour adresse 192.168.1.2.

La macros sera remplacée et la ligne de commande finale suivante sera exécutée :

/var/lib/Shinken Enterprise/libexec/check_ping -H 192.168.1.2 -w 100.0,90% -c 200.0,60%


Ce remplacement a lieu pour chaque exécution différente de la commande. Cette même commande peut donc servir à vérifier des hôtes différents, mais elle peut être rendue encore plus générique.

 

Exemple 2 : Argument de commande

Vous pouvez également passer des arguments dans une commande, ce qui permet de garder une définition de commande générique.

Les différents arguments sont séparés par le caractère '!'. On peut donc, dans l'hôte, définir les arguments de la commande check_ping comme étant:

Si vous devez utiliser le caractère ( ! ) dans les arguments de votre commande, vous pouvez éviter son interprétation en le préfixant d'un anti-slash ( \ ). si vous avez besoin de l'anti-slash dans une commande, il suffit de doubler l'anti-slash ( \\ ).


200.0,80%!400.0,40%

Ces arguments deviennent alors disponibles dans la commande par les macros $ARGn$. $ARG1$ sera remplacé en "200.0,80%" et $ARG2$ en "400.0,40%". La définition de la commande peut alors être réécrite :

/var/lib/Shinken Enterprise/libexec/check_ping -H $HOSTADDRESS$ -w $ARG1$ -c $ARG2$

 

Exemple 3 : Utilisation des données

Qu'en est-il si plusieurs hôtes partagent les mêmes arguments de commande ?

Le plus simple est de définir un modèle (voir la Logique des modèles) contenant ces données spécifiques.

Nous allons créer un modèle contenant des données. Pour cet exemple, nous les nommerons WARNINGPING et CRITICALPING, et contiendront ces valeurs.

Dans l'interface de configuration, elles sont disponibles dans l'onglet de données du modèle. Dans un fichier d'import, il sera nécessaire de les préfixer avec '_'.

On spécifiera dans le modèle que la commande est appelée avec, en argument, ces données:

$_HOSTWARNINGPING$!$_HOSTCRITICALPING$

La commande n'a pas besoin d'être modifiée, de par l'application récursive des macros.

Cela ouvre une nouvelle possibilité: si, on imagine, que sur un hôte donné, le seuil doit être différent, il suffira alors de surcharger les données WARNINGPING et CRITICALPING dans l'hôte, et la commande lancée sera spécialisée pour cet hôte uniquement.

 

Il est possible d'effectuer de même pour les Checks, et donc d'appeler en argument $_SERVICEWARNINGPING$!$_SERVICECRITICALPING$ ce qui ira prendre les valeurs de la données WARNINGPING et CRITICALPING du Check.